Guide · par la rédaction · mis à jour le 29 octobre 2026

Contrat de sécurisation professionnelle : comment se former pendant le CSP ?

Une personne consulte des offres sur son ordinateur portable

En bref : Le contrat de sécurisation professionnelle (CSP) est proposé à un salarié en CDI dont le licenciement économique est envisagé. Il dure 12 mois au maximum et vous donne le statut de stagiaire de la formation professionnelle, avec un accompagnement renforcé par France Travail. Vous pouvez vous former pendant ce temps, à condition de bien suivre les étapes.

Le contrat de sécurisation professionnelle, appelé CSP, permet à un salarié dont le licenciement économique est envisagé de préparer la suite avec un accompagnement renforcé, une allocation et la possibilité de se former. Si votre situation ressemble à cela, ce guide vous explique comment comprendre le dispositif et comment l’utiliser pour changer de métier, si tel est votre projet.

Vous trouverez ici les étapes dans l’ordre, les erreurs les plus fréquentes et quelques exemples concrets. Les règles peuvent varier selon votre entreprise, votre Région ou votre branche professionnelle. Gardez donc en tête les points à vérifier auprès de France Travail tout au long de la lecture, et posez vos questions sans attendre.

Qu’est-ce que le CSP, en pratique ?

Le CSP est une manière encadrée de quitter une entreprise lorsqu’un licenciement économique est envisagé. Au lieu d’une rupture classique, vous pouvez accepter un parcours organisé avec France Travail, qui dure 12 mois au maximum.

Concrètement, si vous acceptez, votre contrat de travail prend fin d’un commun accord à l’issue du délai de réflexion. Le CSP commence le lendemain de cette fin de contrat. Pendant toute sa durée, vous avez le statut de stagiaire de la formation professionnelle et vous suivez un accompagnement renforcé avec France Travail.

Vous percevez aussi l’allocation de sécurisation professionnelle, appelée ASP, versée chaque mois par France Travail après actualisation de votre situation. Le dispositif a été prolongé jusqu’au 31 décembre 2026. Autrement dit, il reste ouvert pendant cette période pour les licenciements économiques concernés.

L’idée de fond est simple. Plutôt que de chercher un emploi sans soutien pendant que votre salaire s’arrête, vous bénéficiez d’un accompagnement, et la formation fait partie des outils prévus pour vous aider à rebondir.

Pour qui le CSP est-il prévu ?

Le CSP concerne le salarié en CDI dont le licenciement économique est envisagé. Il s’adresse donc aux personnes dont le contrat de travail risque d’être rompu pour des raisons économiques, et non pour un motif personnel. Si votre contrat est un CDD ou si votre licenciement a une autre cause, ce dispositif ne correspond pas à votre cas.

La taille de votre entreprise compte aussi. Les entreprises de moins de 1 000 salariés doivent proposer le CSP. Les entreprises en redressement judiciaire ou en liquidation judiciaire doivent elles aussi le proposer, quelle que soit leur taille. En revanche, si votre entreprise compte 1 000 salariés ou plus, elle vous proposera en principe un congé de reclassement à la place. Ce n’est pas la même procédure, et il est important de le savoir dès le départ.

L’ancienneté joue enfin sur le montant de l’allocation. Avec au moins un an d’ancienneté, l’ASP est au moins égale à l’allocation chômage que vous auriez perçue sans CSP. Si votre ancienneté est plus courte, faites vérifier votre situation auprès de France Travail, car les conditions peuvent varier selon votre parcours.

Avant de vous engager, posez une question simple à votre employeur : « Quelle procédure s’applique à mon licenciement ? ». Sa réponse vous indiquera si le CSP est bien prévu pour vous, ou si un autre dispositif s’applique.

Quelles sont les étapes, dans l’ordre ?

La procédure commence par une proposition de votre employeur. Vous disposez ensuite d’un délai de réflexion pour répondre, puis le parcours démarre avec France Travail. Voici les étapes principales, dans l’ordre :

  • D’abord, la proposition. Votre employeur vous propose le CSP lorsque le licenciement économique est envisagé.
  • Ensuite, le délai de réflexion. Vous disposez de 21 jours calendaires pour accepter ou refuser. Ce délai ne peut pas être raccourci.
  • Puis, la décision. En cas d’acceptation, votre contrat de travail prend fin d’un commun accord à l’issue de ce délai. En cas de refus ou d’absence de réponse, l’employeur notifie le licenciement.
  • Après, le démarrage. Si vous avez accepté, le CSP débute le lendemain de la fin de votre contrat, avec le suivi de France Travail.

Ce qui change tout, c’est le moment de votre décision. Votre réponse détermine si vous entrez dans le CSP ou si le licenciement vous est notifié de manière classique. Prenez donc le temps de comprendre chaque conséquence avant de signer quoi que ce soit.

Faites attention à l’ordre des choses. Le CSP ne commence pas pendant que vous travaillez encore : il débute une fois votre contrat terminé. Si vous avez des questions sur la date exacte de fin de contrat ou sur vos derniers jours, demandez les réponses par écrit à votre employeur, pour garder une trace.

Quel délai pour accepter ou refuser ?

Vous avez 21 jours calendaires pour accepter ou refuser le CSP. Le mot « calendaires » est important : il s’agit de jours du calendrier, week-ends et jours fériés compris. Ce délai ne peut pas être raccourci, même si votre employeur vous demande de répondre tout de suite ou si la situation vous semble urgente.

Pendant ce temps, prenez le temps de vous informer. Relisez la proposition, notez vos questions et demandez des précisions à votre employeur ou à France Travail. Un bon réflexe consiste à noter la date limite de réponse dans votre agenda dès que vous recevez le document, pour ne laisser passer aucune échéance.

Sachez aussi qu’un refus a des conséquences. Si vous refusez, ou si vous ne répondez pas, l’employeur notifie le licenciement, et vous ne bénéficiez alors pas du CSP. C’est pourquoi il vaut mieux, quand votre projet reste flou, en parler avec un conseiller avant de décider. Un échange de vingt minutes peut parfois éclaircir une situation qui semblait bloquée.

Une fois le CSP accepté, vous gardez un droit important : vous pouvez contester la rupture ou le motif économique dans un délai de 12 mois à compter de votre acceptation. Ce droit ne vous oblige pas à agir tout de suite, mais il est utile de le connaître si vous avez un doute sur les raisons du licenciement. Gardez précieusement vos documents, car ils serviraient à préparer un éventuel recours.

Combien de temps dure le CSP et quelle allocation touchez-vous ?

Le CSP dure 12 mois au maximum, à compter du lendemain de la fin de votre contrat de travail. Ce calendrier sert de cadre à toutes vos démarches. Mieux vaut donc organiser votre projet de formation dès les premières semaines, plutôt que d’attendre que la période avance.

Pendant ces 12 mois, vous percevez l’allocation de sécurisation professionnelle, appelée ASP. Elle est versée par France Travail chaque mois, après actualisation de votre situation. Pensez à actualiser dans les délais indiqués, car un retard peut retarder le versement de votre allocation. Ce point paraît simple, mais c’est l’une des causes de retard les plus courantes.

Le montant de l’ASP dépend de votre situation. Avec au moins un an d’ancienneté, elle est au moins égale à l’allocation chômage que vous auriez perçue sans CSP. Pour connaître précisément votre montant et la manière dont il est calculé dans votre cas, interrogez France Travail, qui reste l’interlocuteur officiel pour ce point. Demandez aussi les justificatifs par écrit, afin de pouvoir les comparer plus tard.

Si vous avez une formation à financer pendant cette période, le guide sur le financement de la formation pour les demandeurs d’emploi vous aidera à comprendre les options possibles, notamment les aides proposées par France Travail : financer sa formation avec France Travail.

Comment vous former pendant le CSP ?

Pendant le CSP, vous avez le statut de stagiaire de la formation professionnelle. Ce statut est précisément prévu pour vous permettre de vous former tout en étant accompagné. La formation fait donc partie du parcours, et non un simple complément facultatif.

Votre conseiller France Travail vous aide à définir un projet réaliste : métier visé, durée de formation, débouchés dans votre bassin d’emploi. Le plus efficace est souvent de partir de ce que vous savez déjà faire. Un agent de maintenance qui aime organiser le travail d’une équipe peut, par exemple, viser un poste de responsable d’atelier, plutôt que de repartir de zéro dans un domaine inconnu. Vos compétences actuelles sont un point de départ, pas un handicap.

Si vous hésitez encore entre plusieurs métiers, un bilan de compétences peut vous aider à clarifier vos atouts, vos envies et vos contraintes. Il vous permet de comparer les options avant de vous engager dans une formation longue : bilan de compétences.

Quand votre projet est précis, décrivez-le pour trouver les formations qui y correspondent, en tenant compte de la durée, du lieu et du mode de formation : décrire votre projet.

La question du financement reste à vérifier au cas par cas. Les règles peuvent varier selon la Région, l’établissement de formation et la branche professionnelle. Pour comparer avec d’autres pistes, le guide sur le compte personnel de formation explique les principes du CPF : financer sa formation avec le CPF. Dans tous les cas, faites valider votre projet et son financement par votre conseiller France Travail avant de vous inscrire.

Quels pièges éviter pendant le CSP ?

Le CSP offre de vraies opportunités, mais quelques erreurs peuvent vous coûter cher. Voici les plus fréquentes :

  • Laisser passer le délai de réflexion. Les 21 jours calendaires courent vite. Notez la date limite le jour où vous recevez la proposition.
  • Refuser une action sans en parler. Refuser une action de reclassement ou de formation peut faire perdre le bénéfice du CSP. Si une proposition ne vous convient pas, expliquez-le à votre conseiller avant de dire non.
  • Attendre la fin des 12 mois pour se former. La durée est limitée. Plus votre projet démarre tôt, plus vous avez de marge pour le mener à bien.
  • Oublier le délai de contestation. Après acceptation, vous disposez de 12 mois pour contester la rupture ou le motif économique. Gardez une copie de tous vos documents.
  • Croire que toutes les règles sont identiques partout. Les conditions de formation et de financement peuvent varier selon la Région, l’établissement ou la branche. Vérifiez toujours auprès de France Travail.
  • Ne pas actualiser sa situation. L’ASP est versée après actualisation. Un oubli peut retarder vos paiements et compliquer votre budget du mois.

L’objectif n’est pas de vous inquiéter, mais de vous donner des repères. Quelques bons réflexes suffisent souvent à éviter les mauvaises surprises.

Trois situations concrètes pour y voir clair

Pour rendre tout cela plus concret, voici trois profils fréquents.

Une assistante administrative travaille dans une entreprise de moins de 1 000 salariés qui doit fermer un site. Elle reçoit une proposition de CSP et dispose de 21 jours calendaires pour répondre. Elle décide de l’accepter, car elle souhaite se reconvertir vers la comptabilité. Pendant le CSP, elle suit un bilan de compétences, puis une formation choisie avec son conseiller France Travail. Elle garde en tête la date limite de contestation, au cas où elle aurait un doute sur le motif du licenciement.

Un ouvrier travaille dans une entreprise de 1 000 salariés ou plus. Son employeur ne lui propose pas le CSP, mais un congé de reclassement. Le principe de base reste proche : un accompagnement vers un nouvel emploi. Il doit toutefois comprendre les règles propres à ce dispositif, qui ne sont pas celles du CSP. Il peut demander à son employeur et à France Travail de lui expliquer les différences avant de prendre une décision.

Une personne qui a moins d’un an d’ancienneté doit faire attention à son allocation. L’ASP n’est pas garantie d’être au moins égale à l’allocation chômage dans ce cas. Elle doit donc vérifier son montant auprès de France Travail avant de faire ses choix de formation, afin de mieux anticiper son budget.

Dans chacune de ces situations, la règle est la même : vérifier les faits, poser les bonnes questions et ne rien décider dans la précipitation.

Que faire dès maintenant ?

Si vous venez de recevoir une proposition de CSP, ou si votre licenciement économique est envisagé, voici les actions à mener, dans l’ordre :

  • Notez la date limite de réponse. Vous disposez de 21 jours calendaires, délai qui ne peut pas être raccourci.
  • Demandez une confirmation écrite. Interrogez votre employeur sur la procédure qui s’applique à votre cas, et gardez la réponse.
  • Prenez rendez-vous avec France Travail. Faites le point sur votre allocation, vos droits et votre projet.
  • Clarifiez votre orientation si besoin. Un bilan de compétences peut vous aider à choisir entre plusieurs métiers.
  • Comparez les formations avant de vous inscrire. Une fois votre projet défini, vérifiez la durée, le contenu et le financement possible.

Prendre une décision éclairée demande du temps, mais vous n’avez pas à tout résoudre sans aide. Le CSP existe justement pour vous accompagner pendant cette transition. Quand votre projet de formation est assez précis pour être décrit, vous pouvez commencer ici : décrire votre projet.

Questions fréquentes

Le CSP concerne-t-il tous les salariés licenciés ?

Non. Le CSP concerne le salarié en CDI dont le licenciement économique est envisagé. Si votre entreprise compte 1 000 salariés ou plus, elle vous proposera en principe un congé de reclassement à la place.

Combien de temps ai-je pour répondre à la proposition de CSP ?

Vous disposez de 21 jours calendaires pour accepter ou refuser. Ce délai ne peut pas être raccourci. Sans réponse, l’employeur notifie le licenciement.

Puis-je suivre une formation pendant le CSP ?

Oui. Pendant le CSP, vous avez le statut de stagiaire de la formation professionnelle et vous suivez un accompagnement renforcé avec France Travail. Les règles de financement peuvent varier selon la Région et l’établissement, donc vérifiez auprès de votre conseiller.

Que se passe-t-il si je refuse une formation proposée dans le cadre du CSP ?

Refuser une action de reclassement ou de formation peut faire perdre le bénéfice du CSP. Parlez-en à votre conseiller avant de répondre si la proposition ne vous convient pas.

Combien de temps dure le CSP et combien touche-t-on ?

Le CSP dure 12 mois au maximum, à compter du lendemain de la fin de votre contrat. Pendant cette durée, vous percevez l’allocation de sécurisation professionnelle, versée chaque mois par France Travail après actualisation.

Puis-je contester mon licenciement après avoir accepté le CSP ?

Oui. Vous pouvez contester la rupture ou le motif économique dans un délai de 12 mois à compter de votre acceptation. Conservez tous vos documents pour préparer votre dossier.

Sources officielles

À lire aussi

Quelle formation ou quel métier vous intéresse ?