Guide · par la rédaction · mis à jour le 29 octobre 2026

Se reconvertir en restant salarié : le projet de transition professionnelle

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En bref : Le projet de transition professionnelle (PTP) permet à un salarié de suivre une formation certifiante pour changer de métier tout en gardant son salaire, financé par l’association Transitions Pro de sa région. Il faut en général 24 mois d’activité salariée, dont 12 dans l’entreprise actuelle pour un CDI. Le salaire est maintenu à 100 % jusqu’à deux SMIC, à 90 % au-delà.

Changer de métier sans tout risquer

Vous avez envie de changer de métier, mais vous ne pouvez pas vous permettre de perdre votre salaire pendant un an de formation. C’est la situation de très nombreux salariés, et c’est exactement pour eux qu’existe le projet de transition professionnelle, souvent appelé PTP ou « CPF de transition ».

Le principe est simple : vous suivez une formation certifiante qui vous prépare à un nouveau métier, pendant votre temps de travail, et votre salaire continue d’être versé. Ce n’est ni votre employeur ni vous qui payez, mais Transitions Pro, l’association paritaire de votre région chargée de financer ces reconversions.

La contrepartie : un dossier exigeant, des délais à respecter et une commission qui décide. Ce guide vous explique comment mettre toutes les chances de votre côté, et quelles alternatives existent si vous n’y avez pas droit.

Qui peut en bénéficier ?

Le PTP est ouvert aux salariés du secteur privé, sous condition d’ancienneté.

  • En CDI : il faut justifier d’au moins 24 mois d’activité salariée, consécutifs ou non, dont 12 mois dans votre entreprise actuelle.
  • En CDD : la règle est différente, avec une durée minimale d’activité sur les dernières années et une période en CDD récente. Vérifiez votre situation auprès de Transitions Pro.
  • En intérim : un nombre d’heures travaillées dans la branche sur une période donnée est demandé.

Certaines personnes sont dispensées de la condition d’ancienneté, notamment les travailleurs reconnus handicapés et certains salariés licenciés pour motif économique ou inaptitude. Si vous êtes dans l’un de ces cas, signalez-le dès le début du dossier.

L’ancienneté s’apprécie à la date de départ en formation, pas à la date de la demande : vous pouvez donc préparer votre dossier quelques mois avant d’atteindre le seuil.

Ce qui est financé

Transitions Pro peut prendre en charge :

  • les frais pédagogiques de la formation ;
  • votre rémunération pendant la formation ;
  • selon les régions, certains frais annexes comme le transport ou l’hébergement.

Les droits de votre CPF sont mobilisés en priorité sur le coût de la formation ; Transitions Pro complète.

Votre salaire pendant la formation

C’est le cœur du dispositif. Votre rémunération est maintenue selon votre niveau de salaire :

  • à 100 % si votre salaire moyen de référence ne dépasse pas deux fois le SMIC ;
  • à 90 % au-delà.

Le maintien suppose une présence assidue en formation : les absences injustifiées peuvent entraîner une retenue. Pendant toute la durée de la formation, vous restez salarié de votre entreprise, avec votre protection sociale et l’ancienneté qui continue de courir.

Les étapes du dossier

1. Clarifier votre projet

Avant tout, il faut un projet solide. Le conseil en évolution professionnelle (CEP) est un service gratuit et confidentiel qui vous aide à le construire : bilan de votre situation, exploration des métiers, vérification des débouchés. Il n’est pas toujours obligatoire, mais il pèse souvent positivement dans le dossier, et votre conseiller vous aide à le remplir.

Interrogez-vous honnêtement :

  • Pourquoi ce métier, et pourquoi maintenant ?
  • Avez-vous échangé avec des personnes qui l’exercent ?
  • Y a-t-il des offres d’emploi près de chez vous ?
  • Le salaire et les conditions de travail vous conviennent-ils ?

Une immersion de quelques jours dans le métier visé, quand elle est possible, est l’argument le plus convaincant qui soit.

Nos fiches métiers détaillent, pour plus de 500 métiers, la formation à suivre, sa durée, son coût et les débouchés : un bon point de départ pour comparer.

2. Choisir la formation et l’organisme

La formation doit être certifiante et mener au métier visé. L’organisme réalise un positionnement préalable : un entretien ou des tests pour adapter la durée et le contenu de la formation à votre profil. Ce positionnement fait partie du dossier ; demandez-le tôt.

Comparez plusieurs organismes : taux de réussite à la certification, taux d’insertion, place des stages, rythme. Un organisme habitué aux dossiers Transitions Pro vous aidera aussi à présenter un projet cohérent.

3. Demander l’autorisation d’absence à votre employeur

Comme la formation a lieu pendant votre temps de travail, vous devez demander une autorisation d’absence à votre employeur, par écrit :

  • au moins 60 jours avant le début si la formation dure moins de six mois ou se fait à temps partiel ;
  • au moins 120 jours avant si elle dure six mois ou plus en continu.

Votre employeur ne finance pas la formation et ne peut pas la refuser sur le fond, mais il peut, dans certaines conditions, reporter votre départ. Une demande bien anticipée et un dialogue honnête évitent la plupart des tensions.

4. Déposer le dossier auprès de Transitions Pro

Le dossier comprend notamment la description de votre projet, l’accord ou la réponse de votre employeur, le devis et le positionnement de l’organisme. Il est examiné par une commission paritaire qui se réunit à dates fixes. Elle vérifie la cohérence du projet, sa faisabilité et les perspectives d’emploi.

Les fonds de chaque Transitions Pro sont limités : certains projets solides sont refusés faute de budget en fin d’année. Déposer tôt, avec un dossier complet, augmente sensiblement vos chances.

5. Après la décision

En cas d’accord, vous signez les documents de prise en charge, puis vous partez en formation. En cas de refus, demandez les motifs : vous pouvez souvent améliorer votre dossier et le représenter à une session suivante, ou vous tourner vers une autre solution.

Si vous n’avez pas droit au PTP

Plusieurs autres voies existent, qui se combinent souvent.

Votre CPF, hors temps de travail

Votre compte personnel de formation finance des formations certifiantes que vous pouvez suivre le soir, le week-end ou à distance, sans demander l’autorisation de personne. Pour une reconversion progressive, c’est parfois la voie la plus souple. Tous les détails sont dans notre guide du CPF en 2026.

Le plan de développement des compétences de votre employeur

Si votre reconversion peut servir votre entreprise, par exemple une évolution vers un autre poste en interne, votre employeur peut la financer dans le cadre de son plan de formation, avec l’appui de son OPCO. Il peut aussi abonder votre CPF, ce qui vous dispense en plus du reste à charge de 150 €.

La démission pour reconversion

Si vous avez au moins cinq ans d’activité salariée continue et un projet de reconversion jugé réel et sérieux par Transitions Pro, vous pouvez démissionner et bénéficier de l’allocation chômage pour mener ce projet. La validation par Transitions Pro doit intervenir avant la démission : ne démissionne surtout pas avant d’avoir l’attestation.

La validation des acquis de l’expérience

Si vous exercez déjà une partie des activités du métier visé, la VAE permet d’obtenir le diplôme grâce à votre expérience, sans suivre toute la formation. C’est plus court, et finançable par le CPF.

Rédiger la partie « projet » de votre dossier

C’est la partie que la commission lit avec le plus d’attention. Elle ne cherche pas une belle plume, mais un raisonnement clair. Une structure simple fonctionne bien :

  1. D’où vous partez : votre parcours en quelques lignes, ce que vous savez déjà faire, ce qui vous a amené à envisager un changement.
  2. Où vous allez : le métier visé, précisément, et le type de structure où vous voulez l’exercer.
  3. Pourquoi c’est réaliste : vos compétences transférables, les échanges avec des professionnels, l’immersion si vous en avez fait une.
  4. Pourquoi cette formation : la certification obtenue, la durée, l’organisme choisi et le résultat de votre positionnement.
  5. Les débouchés : quelques offres d’emploi récentes dans votre zone, les employeurs qui recrutent, le salaire attendu.

Restez concret : « j’ai passé trois jours en immersion dans une pharmacie et rencontré deux préparatrices » vaut mieux que « je suis passionné par la santé ». Relisez-vous avec un regard extérieur, par exemple celui de votre conseiller en évolution professionnelle.

Modèle de demande d’absence à votre employeur

À adapter, puis à remettre en main propre contre décharge ou par lettre recommandée, dans les délais :

« Madame, Monsieur, je vous informe de mon souhait de suivre une formation dans le cadre d’un projet de transition professionnelle, intitulée [nom de la formation], dispensée par [organisme], du [date de début] au [date de fin], pour une durée de [nombre] heures. Je sollicite à ce titre une autorisation d’absence pour la durée de cette formation. Le financement sera demandé auprès de Transitions Pro [région]. Je reste à votre disposition pour en échanger. »

Conservez une copie datée : elle fait partie de votre dossier, et la date de remise fait courir les délais.

Les erreurs qui font échouer un projet

  • Un projet décrit en une phrase. La commission veut comprendre votre parcours, votre motivation et les débouchés concrets.
  • Une demande trop tardive. Entre le délai de prévenance de votre employeur et le calendrier des commissions, il faut plusieurs mois.
  • Aucune preuve de terrain. Une enquête métier, une immersion ou des échanges avec des professionnels font souvent la différence.
  • Un organisme mal choisi. Sans positionnement préalable sérieux, ou sans certification reconnue, le dossier est fragile.
  • Démissionner trop tôt. Pour la démission-reconversion, l’attestation de Transitions Pro doit être obtenue avant de quitter votre poste.

Un calendrier réaliste

Pour une rentrée en septembre, voici un rétro-planning raisonnable :

  • Janvier à mars : clarification du projet, conseil en évolution professionnelle, enquêtes métier, éventuelle immersion.
  • Mars à avril : choix de l’organisme, positionnement préalable, devis.
  • Avril à mai : demande d’autorisation d’absence à l’employeur, au moins 120 jours avant pour une formation longue.
  • Mai à juin : dépôt du dossier complet auprès de Transitions Pro, en visant une commission de printemps.
  • Été : décision, signature, organisation pratique.

Les dates exactes des commissions varient selon les régions : consultez le site de votre Transitions Pro dès le début.

En résumé

  • Le PTP finance votre formation et maintient votre salaire, à 100 % jusqu’à deux SMIC, à 90 % au-delà.
  • Il faut en général 24 mois d’activité, dont 12 dans l’entreprise pour un CDI.
  • Prévenez votre employeur 60 ou 120 jours avant le début, selon la durée de la formation.
  • Le dossier se joue sur la solidité du projet : enquête métier, positionnement, débouchés.
  • À défaut : CPF hors temps de travail, plan de formation de l’employeur, démission-reconversion ou VAE.

Vous voulez être accompagné ? Décrivez votre projet en une minute : un organisme qui forme à votre futur métier vous aide à monter le dossier. C’est gratuit pour vous.

Questions fréquentes

Mon employeur peut-il refuser mon projet de transition professionnelle ?

Il ne peut pas refuser le financement, qui ne dépend pas de lui, mais il peut reporter votre absence dans certaines limites, notamment pour des raisons de service. Faites votre demande d’absence dans les délais : 60 jours avant le début pour une formation de moins de six mois, 120 jours au-delà.

Vais-je garder mon salaire pendant la formation ?

Oui, sous conditions : Transitions Pro maintient votre rémunération à 100 % si votre salaire de référence ne dépasse pas deux fois le SMIC, et à 90 % au-delà. Le maintien suppose que vous suiviez assidûment la formation.

Je n’ai pas l’ancienneté requise, que faire ?

Vous pouvez vous former avec votre CPF hors temps de travail, demander un financement à votre employeur dans le cadre de son plan de développement des compétences, ou, après cinq ans d’activité, envisager une démission pour reconversion avec ouverture de droits au chômage.

Quelles formations sont acceptées ?

Des formations certifiantes, inscrites au répertoire national des certifications professionnelles ou au répertoire spécifique, qui mènent à un nouveau métier. Le dossier doit montrer que le projet est réaliste et qu’il débouche sur des emplois.

Combien de temps prend l’instruction du dossier ?

Prévoyez large : les commissions de Transitions Pro se réunissent à dates fixes, et le dossier doit être complet bien avant le début de la formation. Commencer quatre à six mois avant la rentrée est une bonne marge.

Sources officielles

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